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Antoine Mancini : le parcours d'un esthète

Portrait

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28/11/2017

Jeune, Antoine est attiré par les métiers de l’artisanat. Il fait de la sculpture sur pierre,  puis, à 17 ans, il commence à sortir dans des soirées à la mode sur Grenoble. Il coiffe ses amies de façon originale en faisant de la sculpture sur cheveux et en utilisant  tout type d’accessoires : « J’utilisais du sopalin pour créer des structures, par exemple ». Grâce à cette expérience, il est repéré par un coiffeur qui l’embauche pour travailler le week-end.

Ne voulant pas être coiffeur, Antoine va à la fac pour apprendre la philosophie. Après un échec aux examens, il se penche vers un nouveau métier, l’ébénisterie, sans pour autant réussir à trouver un maître de stage. Toujours attiré par les métiers de l’artisanat, cette-fois Antoine se retourne vers la coiffure.

 

 

©Céline Bernetière

 

La SEPR lui propose un nouveau parcours en un an qui vient d’être créé pour les personnes détenteurs de bac. Il est embauché en 1997 comme apprenti dans le salon « Dolores et Gérard » où une équipe dynamique et un accueil familial le poussent à aller plus loin. Le déclic fût instantané : « J’ai toute de suite aimé ».  Il obtient à la SEPR un CAP et un BP en coiffure.

 

A la SEPR, avec ses amis Antoine met en place un projet pour faire parler des métiers artisanaux : en défilé mettant en valeur les métiers de mode, bijouterie, fleuristerie, coiffure et maquillage. Le collectif participe au concours « Défi jeune » et remporte une bourse de la SEPR. « Quand on est jeune, on tâtonne et on a envie d’exprimer toute sa créativité, donc parfois les choses sont très baroques et farfelus. Avec les années, on finit par épurer les styles et faire des choses plus simples et efficaces  ».

 

C’est sa prof de dessin qui le motive à diriger son parcours en dehors de la voie traditionnelle : « Vous avez une personnalité trop particulière pour rester dans un salon de coiffure. Vous devez travailler dans le spectacle ». Antoine part vivre à Barcelone - « quand on est coiffeur, ce qui est bien, c’est qu’on peut trouver le travail partout », - et fait la rencontre d’un coiffeur parisien qui le fait travailler à Milan pour Jean Franco Ferré.

« De retour à Paris, j’ai vu une annonce à l’ANPE pour un poste de coiffeur à la Comédie Française. J’ai été pris. Je me suis rendu compte que le monde du théâtre et du spectacle, la création de personnage et la coiffure  d’époque, - étaient beaucoup plus proches de moi que la mode ».

 

© Léa Bugnet

 

Antoine a la chance de travailler avec la génération de coiffeurs qui maitrise totalement les techniques anciennes et traditionnelles de coiffure. Il commence à réapprendre les techniques oubliées avec des coiffeurs contemporains mais également  les techniques plus anciennes de l’époque de Louis XIV, Marie-Antoinette, Louis XV, Velasquez. Pour travailler dans le cinéma, il faut aussi être perruquier. A  28 ans, il entame un apprentissage de 4 ans chez une perruquière parisienne où il découvre le cinéma français.  Il est nommé Meilleur perruquier Gaudi (Prix du cinéma Catalan, pour le film « La mort de louis XIV » d’Albert Ferra). Son activité principale aujourd’hui est la fiction télé et cinéma.

 

Toutes les techniques apprises durant son parcours, lui permette de découvrir qu’en tant que coiffeur on peut modifier le physique de quelqu’un : « Je me suis rendu compte qu’il y avait des choses très fortes dans ce métier liées à l’image de soi. On peut réconcilier les gens avec soi-même grâce à notre savoir-faire. Il y a quelque chose d’énergétique, de presque magique, qui se passe avec les cheveux. Quand on coupe les cheveux, on élimine du passé qui peut être un poids pour certaines personnes. »

 

 

« Je vois la SEPR comme le fondement de la construction de la personnalité professionnelle et personnelle.

C’est cette école qui m’a formée, qui a fait ce que je suis, les professeurs que j’ai eu qui m’ont donné envie de créer »

 

Conseil aux jeunes : « Il faut que les jeunes n’aient pas de crainte par rapport aux motivations qu’ils peuvent avoir car les portes sont ouvertes et les succès avenir ».

 

* Durant ces dernières années, Antoine a participé à la production des films : La mort de Louis XIV, Over drive,  Une vie violente, Maryline de Guillaume Galienne, Les fantômes d’Ismaël, Le flic de Belleville, Mrs miss et Les vieux fourneaux.

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