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Eric Kyriakides, cadre de santé en service pharmaceutique

Portrait

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20/06/2017

Eric Kyriakides était considéré comme un élève plutôt moyen au collège, c’est pourquoi il a été dirigé à l’époque, vers les métiers dits manuels. Même si personnellement il ne se retrouvait pas dans ces métiers, le système pédagogique a convaincu ses parents qu’il ne pourrait prétendre à un autre type d’emploi.  Pendant quelques mois il a senti le besoin de s’isoler pour faire le point et grâce à un enseignant connaissant sa passion pour les sciences, il découvre la possibilité de préparer un CAP d’employé pharmacie qui lui permettrait ensuite d’accéder au Brevet de préparateur en pharmacie. 
 
Cette possibilité le conduit à prendre contact avec la SEPR pour obtenir des précisions sur le métier de préparateur en pharmacie. Il s’avère que trouver une officine susceptible de l’engager en apprentissage est la condition préalable à la préparation du diplôme. En septembre 1982, il se lance donc dans les recherches et visite plus de 120 officines avant de trouver celle qui lui offre sa chance.
 
 « La SEPR a eu cette capacité de me donner une deuxième chance, à travers un métier et à travers l’apprentissage, pour me construire professionnellement et individuellement. En 1984 j’ai eu mon CAP, et à un moment j’ai eu un déclic. A un moment donné vous vous dites « je ne veux plus perdre, j’ai envie de gagner maintenant », et à partir de là, tout s’enchaine. »
 
Sa première expérience d’apprentissage est assez difficile, il doit être opérationnel rapidement et commence à délivrer des médicaments dès le premier jour. Son deuxième maître d’apprentissage était plus dans la construction de l’individu et la diplomatie. Eric considère que l’apprentissage est « un autre mode d’enseignement. A un moment donné, il y a toujours quelque chose dans laquelle vous êtes doué. Et c’est à cette chose que vous vous raccrochez et vous commencez à travailler sur d’autres choses dans lesquelles vous êtes moins doué. » Pour lui, c’est une forme de tutorat qui permet d’avoir un pied dans la vie active pour les élèves qui ne s’identifient pas au système scolaire général. 
 
Ayant obtenu son BP de préparateur en pharmacie en 1987, Eric passe un concours des Hospices civiles de Lyon qu’il réussit en 1988. En 1989, il intègre l’Hôpital de la Croix-Rousse. En 2002 il prépare un concours de cadre de santé, qu’il réussit. Le fait d’intégrer en 2006 l’Institut de formation des cadres de santé lui a permis de préparer une licence en sciences de l'éducation en 2007, et de commencer un Master 2 en sociologie des organisations qu’il obtient en 2013.
 
Aujourd’hui, Eric reconnait qu’il y a parfois eu des jugements un peu trop hâtifs, qui classent les professionnels  sur des critères de métiers dit intellectuels ou dit  manuels. Il est désormais maitre d’apprentissage et travaille avec les 3ème et les gens issus de l’école de la 2ème chance. Selon lui, il n y’ a rien de plus péjoratif que de dire que vous ne pouvez pas.
 
« Comment peut-on exercer un métier avec ses mains, sans avoir de tête ? On ne dissocie pas le manuel de l’intellectuel. On ne peut pas en fonction uniquement d’un critère de note, dire « vous êtes capable de faire ceci ou cela » ». 

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