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François Simon-Fustier, l’horloger lyonnais

Portrait

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24/01/2017

Quatrième génération d’horloger dans la famille, à 15 ans, François fugue par la fenêtre pour se faire sa propre expérience…en horlogerie. De retour à la maison, son père l’envoie dans l’établissement le plus réputé, l’Ecole d’Horlogerie d’Anet (Eure-et-Loir). La formation se révèle aussi exigeante que le compagnonnage et François en suit jusqu’à 50h chaque semaine.  « Le 1er mai, la tradition à Dreux voulait qu’on ferme les volets pour travailler. Les gamins des autres lycées jetaient les pierres dans nos fenêtres. »

François réussit brillamment son diplôme et collabore avec le directeur sur un projet de publication dans l’horlogerie en faisant les dessins. Diplômé en 1981, il est contacté par Citizen, leader japonais du secteur, mais préfère l’atelier-boutique familial. En 1987, il créé sa propre entreprise spécialisée dans les systèmes de gestion du temps (affichage et contrôle du temps de travail, de process et de sécurité), puis travaille pour un fournisseur sur ses mêmes produits appliqués à l’aéronautique ou la SNCF.  De l’horlogerie mécanique il passe donc à l’horlogerie numérique.

 « Ce qui distingue deux horlogers, c’est le nombre d’heures qu’ils ont passées en atelier et le catalogue de pannes qu’ils ont dans la tête.  Une grande partie du temps, on travaille avec nos mains en atelier, et une autre grande partie du temps on le passe à essayer de comprendre pourquoi ça ne marche pas ».

En 1997, en rangeant l’atelier de son père décédé, François tombe sur ses outils de travail et décide de retourner à son premier métier, sans vraiment connaître le marché et ses chances de succès. Il se positionne sur la réparation de tout type d’horloges : montres, horloges ou pendules, et jusqu’à l’horlogerie de l’édifice. Le chantier de réparation de l’horloge au château Vaulx-le-Vicomte a été emblématique à ce niveau. Plus tard, il répare des horloges à Cognac ou encore à Florence au Palais Strozzi, fais des démonstrations à Moscou.

Dans son atelier, à Caluire, il accueille deux apprentis (Léo, 1ère année BMA horlogerie, et Léo junior, 2ème année CAP horlogerie) et a embauché un ancien apprenti Robin en tant que chef d’atelier, après quatre années d’apprentissage en CAP et BMA. Enfin, Sébastien, chargé de développement, lui aussi formé avec la SEPR et qui s’occupe de la modélisation 3D. Selon François, certains horlogers n’ont jamais l’occasion de faire ce que les apprentis font dans son atelier : par exemple, remplacer les dents sur une roue ou les extrémités d’un axe.« En ce qui concerne l’apprentissage, tous les apprentis qui sont passés chez moi ne seront peut-être pas horlogers, mais il seront tous citoyens. Ils ont appris à être à l’heure, à respecter les consignes, à travailler en équipe, et surtout ils ont appris à apprendre. C’est la vraie richesse de l’apprentissage. »

Le nouveau chantier de François est de créer, grâce à une modélisation 3D, une base de données d’horloges pour une diffusion et une sensibilisation au patrimoine vivant dans les musées et les châteaux. Son étude de 3D dans l’horlogerie ancienne a été soutenue par Bpifrance. « Dans notre métier, nous sommes les seuls, hormis les chirurgiens, à intervenir sur un mécanisme qui fonctionne 24h sur 24h. Ce qui est fascinant, c’est que, par exemple, cette horloge comtoise a 166 ans et a réalisé donc 5 234 976 000 battements ! Vous imaginez ? On intervient sur ce mécanisme pour lui redonner la même espérance de vie, alors que même un PC très puissant a une garantie de 6 mois. Nous aidons les objets à traverser le temps, et en plus ce qui est intéressant, c’est que cet objet marque le temps. Il y a une double continuité. Enfin, ce sont des objets avec une valeur sentimentale et patrimoniale forte pour les familles qui les ont préservés ».

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